samedi 14 mars 2020

(Bourgogne) Trésors perdus, cachés, oubliés des régions de France


(Bourgogne) Trésors perdus, cachés, oubliés des régions de France

Chère amis lecteurs et lectrices, nous continuons nos articles consacrés aux trésors perdus des régions de France avec cet article qui va être consacré aux trésors de la région Bourgogne proposé par M. Audinot à travers ces années de recherche des trésors perdus au cours des siècles.



Côte d’Or (21) :

BLIGNY-SUR-OUCHE (21360) - Le trésor des frères Méraudon

Les deux frères Méraudon, brigands notoires, ravagèrent la région de Beaune pendant toute la durée de la Révolution. Ils agissaient pour leur propre compte, profitant des grands bouleversements nationaux pour se livrer, sous couvert de politique, à des délits de droit commun.
Leur repaire se trouvait dans les carrières de la montagne voisine dite « de Beaune ». C’est là qu’ils entassaient leur butin, fruit de vols, cambriolages, mises à rançon. On nomme encore ces inextricables cavités « Les Méraudon ». C’est là que se trouveraient cachés bon nombre de leurs butins, dont celui issu de l’attaque de l’étude de Maître Guiot, à Beaune.


MOLESME (21330) - Le trésor de l’abbaye de Molesmes

C’est en 1075 que l’abbaye de Molesmes fut fondée par un anachorète. L’établissement, qui prospéra très vite, subit comme beaucoup dans la région les assauts de la guerre de Cent Ans, avant d’être ravagé pendant les guerres de Religion. Malgré tous ces événements, les moines avaient réussi à conserver, en les cachant, de nombreux objets de valeur. En 1790, l’inventaire des biens des monastères, conduit pour tout le Royaume par l‘Évêque d’Autun, Talleyrand, permit de constater la soudaine disparition des trésors de Molesmes. Le 14 avril, l’officier de la Garde nationale se rend dans l’abbaye, averti par des dénonciateurs que des caisses avaient quitté l’abbaye par Aignay-le-Duc, ficelées sur un chariot. II va sur place et trouve des armoires vides de calices, patènes et ostensoirs. En tout, ce sont neuf caisses d’objets précieux qui ont disparu de l’abbaye. L’enquête démontrera qu’elles contenaient, outre les effets et ornements liturgiques, des vaisselles précieuses et de l’or en monnaies. Le dépôt aurait été enfoui dans les bois, après le passage à Aignay



En 1860, on trouva bien dans une ancienne maison des moines un trésor évalué à l’époque à 150 000 francs. Il était enterré dans la cave, mais composé de monnaies d’époque Henri II, entassées dans un pichet d’étain. Rien à voir donc, avec celui évacué au cours de la Révolution.

NUITS-SAINT-GEORGES (21700) - Le trésor des clunisiens

Le monastère des clunisiens réformés de Cîteaux s’élevait autrefois près de Nuits. En Bourgogne, le jacobinisme révolutionnaire fit peu de ravages par rapport à d’autres régions de France, mais le monastère en souffrit malgré tout.

En 1790, l’abbaye possédait quinze fermes, des bois et des vignobles dont le plus célèbre était, assurément le Clos-Vougeot. En 1791, tout fut mis à l’encan après que les moines ont été « rendus à la liberté ». On ne put alors mettre la main sur le trésor de l’abbaye, mystérieusement disparu. Les acheteurs de ce bien national durent se contenter des pierres des édifices dont une partie fut démonté pour être vendu. Ces travaux, d’une grande ampleur ne permirent pas alors aux nouveaux propriétaires de mettre la main sur le trésor des clunisiens réformés.

Nièvre (58) :

DONZY (58220) — Trésor d’abbaye

La belle forêt de Bellary, située à vingt-cinq kilomètres au nord-est de la Charité, dépendait autrefois de l’abbaye du même nom, dont de puissants vestiges sont encore visibles en lisière de bois. Pendant la Révolution, les moines furent persécutés par la sans culotterie locale, qui voulait leur faire avouer où ils avaient caché le trésor dont ils avaient la garde. La tradition veut que les moines aient été massacrés un à un sans rien avouer. Le trésor passe pour reposer encore soit quelque part autour des ruines, soit dans la forêt voisine.
En fait, la tradition du trésor de Bellary s’est forgée sous l’Empire. La fondation était autrefois fort riche. Un inventaire du XIVe siècle fait état de joyaux, calices et objets précieux pris par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans.



Le 9 février 1568, les bâtiments avaient été incendiés par les huguenots, événement qui pourrait d’ailleurs être à l’origine de l’enfouissement d’un premier trésor.
Que restait-il de cette splendeur passée pendant la Révolution?
Les révolutionnaires trouvèrent, à Bellary, des cuillers, quelques objets sans importance, et mille livres en monnaies. Le prieur aurait-il caché le reste, dont le plus précieux pour lui: les objets saints et sacrés?
Une tradition veut que, pour tenter de faire parler les moines, les sans-culotte de la région les aient enterrés vivants jusqu’au cou, et aient joué aux boules avec leur tête et de petits boulets de canon. Rien n’atteste de la réalité de ce massacre. Vers 1805, les propriétaires du bien, vendu à l’encan, reçurent un jeune médium qui se disait persuadé de l’existence d’un trésor. Il le voyait entassé dans un appartement voûté, une crypte. Cette salle aurait été accessible par un souterrain donnant près de la Fontaine Noire, une pierre gravée d’une croix donnant l’emplacement de son entrée. Des radiesthésistes mandés sur place ont ressenti des masses d’or près du bâtiment ancien dit Sous-le-Comte. Malgré ces investigations, la chartreuse garde son secret.


VILLLERS-SUR-YONNE (58500) - Le trésor de la comtesse de Chabanne

Près de Villiers, le château de Cuncy était, sous la Révolution, la propriété de la comtesse de Chabanne. Inquiétée sous la Révolution, elle finit sous le couperet de la guillotine. La tradition veut que la comtesse ait fait enfouir son argenterie, son or et ses joyaux en différentes caches situées autour du château.

 
Saône-et-Loire (71) :

CHATENOY-LE-ROYAL (71880) - Cinq à six cents louis d’or



Henri Camille de Colmont, riche hobereau de province qui avait un temps courtisé la pupille de Voltaire, se maria en 1779 avec une riche héritière de Villefranche, dans le Rhône. Lorsqu’éclata la Révolution, sentant le danger, il réalisa une partie de sa fortune, parvint à collecter 5 à 600 louis d’or, et les enterra dans l’un des parterres de son jardin.
L’argent suscite l’envie, et les envieux parvinrent sous la Terreur à faire juger, condamner et exécuter Henri de Colmont. Après quoi ils retournèrent son jardin en tous sens, mais sans trouver son trésor. Son jugement avait été tellement partial que, le calme revenu, ses juges et dénonciateurs furent à leur tour jugés et portés sur l’échafaud, entre autres pour cette affaire. Le trésor est resté enfoui. Il serait soit dans l’ancienne propriété de la famille de son épouse, les Jacquet de la Colonge à Villefranche soit, et plus vraisemblablement, quelque part enterré sous quelque parterre autour de l’ancien château de la Cruzille dont il ne reste plus aujourd’hui que la chapelle, sur le territoire de Châtenoy-le-Royal.



On parle aussi de caches aménagées dans des fermes appartenant à la Famille; la Ferme-Blanche, de Villefranche, ou la ferme Jacquet située près du château.

LOURNAND (Saône-et-Loire) - Le très fameux trésor de Cluny

Depuis le règne de Philippe le Bel, qui avait nommé à sa tête un gestionnaire avisé en la personne de Pierre de Chastelux, l’abbaye de Cluny prospérait avec régularité. 



Au milieu du XIVe siècle, dans une période de l’histoire extrêmement dure, elle se dotait d’une des premières horloges du royaume, faisait réaliser une grande statue en or de la Vierge d’un poids de soixante marcs de métal fin et d’autres statues de métaux précieux.
On fondit aussi, pour cet établissement complètement endetté seulement quelques décennies auparavant, trois cloches extraordinaires par leur taille pour l’époque, et une foule de précieux ornements d’église.
C’est dans cet état de prospérité que Cluny allait pénétrer l’époque des guerres de Religion.
En 1570, le trésor de l’abbaye fut intégralement transporté à Lournand, pour être mis en sécurité derrière les hautes murailles du château féodal de Lourdon.

Contre qui voulait-on protéger cette incroyable fortune?
À l’époque, toutes les régions de France étaient systématiquement écumées, sous prétexte de convictions religieuses, par les grands chefs de la noblesse huguenote.
C’était le temps où Montgomery pillait la Normandie, entreposant ses trésors sur l’îlot de Tombelaine, celui où le baron des Adrets mettait à feu et à sang le Dauphiné, et pendant lequel le sire de Loron entreposait dans son château, après l’avoir fondu en lingots, le fruit du pillage de la cathédrale d’Auxerre.
Pour le clergé catholique régulier, très riche, le danger venait toujours de seigneurs très proches voisins mais protestants, toujours prêts à lever une petite troupe pour aller assaillir des moines sans défense. C’est ainsi qu’en 1575, bien renseignée, la noblesse protestante de la région attaqua perfidement non pas l’abbaye de Cluny, mais le château de Lourdon où le trésor était entreposé. Tout fut raflé et l’on ne revit jamais le butin, partagé entre les parties prenantes de cette opération militaire. Comme bon nombre d’entre eux périrent par l’épée entre cette période et la fin du règne d’Henri IV, force est de penser que de nombreux petits magots, composant l’intégralité du trésor de Cluny, reposent encore dans quelques caves ou souterrains de châteaux et forteresses démantelés de la région. À la tête des assaillants de Lourdon, se trouvait Gabriel Filloux, procureur fiscal du roi entré en révolte ouverte. Les chroniques nous disent que, lors de la prise de la place, ses hommes «fouillèrent tous les appartements, les souterrains, les endroits les plus cachés, mais s’attachèrent à la plus grosse tour, car c’est là que les plus grandes valeurs avaient été mises en lieu sûr».
On a, par ce texte, la certitude que de nombreuses cachettes avaient été aménagées dans ce véritable coffre-fort qu’était Lourdon. Le château n’est plus de nos jours qu’un informe tas de ruines occupant le sommet de la montagne.

Pour récemment, il a été découvert en 2017 au cours de travaux de réfection de l’abbaye de Cluny plus de 2.200 deniers et obole en argent, en majorité émises par l'abbaye de Cluny, ainsi que 21 dinars en or enfermés dans une peau tannée, qui étaient regroupés dans un sac en toile. Il renfermait également une bague sigillaire en or marquée "Avete", une "parole de salutation dans un contexte religieux", une feuille d'or repliée de 24 grammes et une piécette en or. Source : https://lejournal.cnrs.fr/articles/un-tresor-exceptionnel-retrouve-a-cluny


Yonne (89) :

POILLY-SUR-SEREIN (89310) - Le trésor de l’intendant Foulon

Foulon était l’un des intendants du roi Louis XVI lorsqu’éclata l’émeute de juillet 1789. Après s’être vainement caché chez son ami Sartine, à Viry-Châtillon près de Paris, il fut reconnu, arrêté et conduit à la capitale. Cet homme, qui voulait faire manger du foin aux parisiens affamés, finit décapité par la foule, au couteau, sur une borne, et sa tête toute la journée promenée au bout d’une pique.


En 1792, une lettre parvint à un bourgeois aisé de la région de Poilly. Elle émanait d’un certain Abraham Zacharias qui se disait détenu à Bicêtre, et prétendait échanger contre un peu d’argent le secret d’un trésor : les 4 500 louis d’or, les 300 000 livres en billets et les papiers compromettants que lui aurait remis son maître, Monsieur Foulon, avant de partir pour Viry, le tout contenu dans une cassette. Le valet aurait tenté de se rendre dans l’Auxerrois, où Foulon possédait des terres. Mais avant d’entrer à Pouilly, il aurait par hasard appris la mort violente de son maître. Dans un champ situé à l’entrée de la ville, il se serait servi de son couteau de chasse pour enterrer le trésor (à soixante-quinze centimètres de profondeur environ selon lui), avant de prendre une autre direction. Enquête menée, il y avait bien un Abraham Zacharias à Bicêtre en 1792, mais il était marchand forain et avait été condamné à une année de prison pour des vétilles.
Mais une certaine rumeur laisse entendre qu’un dénommé Jean Jacquillat, modeste roulier et négociant en vins aurait trouvé le trésor et construit avec un grand moulin qui enjambent les deux bras du Serein.
VOUTENAY-SUR-CURE (89270) - Les secrets du vallon de Vau-de-Bouche

Dans le vallon dit Vau-de-Bouche, on trouve une grotte naturelle qui servit de refuge en maintes périodes de guerre et possède une source souterraine qui permettait d’alimenter les proscrits en eau. 
Des monnaies antiques ont été trouvées près de son ouverture et il semble que cette cavité ait été dans l‘antiquité un haut lieu de cultes païens. Les pièces en question étaient des offrandes. Après avoir servi à dissimuler la population des environs, la grotte fut au XVIIIe siècle le repère d’un brigand qui, dit-on, y aurait laissé son butin savamment dissimulé.

Merci à tous de suivre ces histoires des trésors de nos régions.

A bientôt pour de nouvelles histoires de trésors perdus, cachés, ou oubliés dans nos chères régions de France.

Amicalement

Faachar

dimanche 8 mars 2020

(Alsace, Lorraine) Trésors perdus, cachés, oubliés des régions de France


(Alsace, Lorraine) Trésors perdus, cachés, oubliés des régions de France

Chère amis lecteurs et lectrices, après un long silence suite à des projets personnels, me voici de retour pour reprendre nos articles consacrés aux trésors perdus des régions de France avec cet article qui va être consacré aux trésors des régions Alsace et Lorraine proposé par M. Audinot à travers ces années de recherche des trésors perdus au cours des siècles.



Bas-Rhin (67) :

LICHTENBERG (67340) - Affaire d’héritage

Les Lichtenberg furent longtemps la famille la plus puissante de toute l’Alsace.
Les successions s’y réalisaient toujours dans le sang et les larmes. L’un des seigneurs fit ainsi périr son frère de faim dans un cachot afin d’éviter tout partage.
C’était en 1480, et la division était devenue inévitable. Le frère maltraité avait caché son or quelque part dans les souterrains du château avant d’être mis au cachot et c’est sans doute pour obtenir son secret qu’on l’avait enfermé. Il périt sans dire mot et cette part de la succession reste à retrouver.

OBERSOULTZBACH (67330) - Le secret de la Pierre au Trésor

Au nord d’un bois de chênes situé entre Obersoultzbach et Weinbourg et du côté gauche de la route à la lisière de la forêt, on trouve une vieille borne de pierre portant l’inscription OS B 61 qui ressemble à cette borne.



L’histoire de ces bornes est présentée sur ce blog : http://www.alouette-bleue.fr/SiteWeiters/bornes.html
Selon les traditions locales, cette pierre indiquerait la direction vers laquelle serait enfoui le trésor de tout un village. Celui-ci aurait été vraisemblablement rasé lors d’une guerre civile qui secoua la région en 1525 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_paysans_en_Alsace_et_en_Lorraine
Connue sous le nom de « guerre des paysans», elle souleva sans succès le petit peuple contre la noblesse locale et finit dans un bain de sang, avec plus de vingt mille exécutions sommaires de révoltés.
Selon une autre version, ce trésor, toujours celui d’une communauté, aurait été caché pendant la guerre de Trente Ans, entre 1618 et 1648.
Mais ces traditions sont peu probables car ces guerres sont bien antérieures à la pose de ces pierres.


Haut-Rhin (68) :

LUCELLE (68480) — Un trésor enterré en forêt

Forcés d’évacuer leur abbaye pendant la Terreur, les moines de Lucelle accumulèrent tout ce qu’ils avaient de précieux, y compris les objets du culte, et allèrent enfouir l’ensemble en forêt non loin des bâtiments de leur fondation.


Quelques survivants à cette expédition survécurent aux événements et purent revenir en France après le Concordat de 1801. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_concordataire_fran%C3%A7ais

Faute de repères précis, ils ne purent retrouver la cache. Le trésor aurait été enfoui «près d’un arbre toujours vert», if ou sapin, comme on en rencontre près des abbayes, car ils symbolisent la pérennité du sacrifice christique. La difficulté à Lucelle, c’est qu’avant la Révolution, il y avait peu de ces arbres, mais qu’en 1801, la forêt était devenue une véritable plantation de conifères. L’abbaye fut détruite et e trésor de Lucelle ne fut jamais retrouvé.


RIBEAUVILLÉ (68150) - Le trésor de Saint-Ulrich

Autrefois, deux forteresses de nos jours en partie en partie démantelées se dressaient fièrement sur les hauteurs de Ribeauvillé. C’étaient les châteaux de Saint-Ulrich et de Giesberg.


La légende dit qu’ils étaient habités par deux frères qui passaient leur temps à rivaliser d’adresse à la chasse. Ils partaient ensemble tous les matins et convinrent un jour que le premier réveillé alerterait l’autre en tirant un trait d’arbalète, de château à château, dans l’auvent de la chambre à coucher de son frère. Le futur saint Ulrich fut le premier debout, mais le carreau de son arme arriva à la fenêtre au moment où son frère ouvrait ses volets. Il fut foudroyé. Fou de douleur, Ulrich enfouit tous ses biens dans un souterrain qui reliait leurs deux châteaux et passa le reste de sa vie à se morfondre en prières et en privations, comme un ermite, dans la forêt où il avait autrefois tant chassé avec son regretté frère.

La véracité de cette histoire est étayée par les faits. Le sous-sol des deux châteaux était en effet percé de nombreuses galeries de mines très profondes dont l’exploitation avait cessé au moment des faits, car elles étaient en partie inondées. Ce sont ces couloirs souterrains, auxquels on peut encore accéder pour certaines parties, qui constituent le fameux souterrain de la tradition.

Voici un site qui analyse de façon pertinente cette légende :



Meurthe et Moselle (54) :
 
CIREY-SUR-VEZOUZE (54480) - Trésor de cisterciens

Près du village, on trouve quelques restes d’une monumentale abbaye cistercienne, laissée à l’abandon pendant La Révolution. Le trésor des moines serait caché dans les environs du couvent, dont seul un très beau portail a surmonté les assauts du temps. Ce dépôt serait principalement constitué des cloches clandestinement descendues pour être soustraites à la fonte.

NANCY (54000) - Une mallette de diamants enterrée dans un bois

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les riches et réputés joailliers hollandais s’inquiétèrent pour leur fortune face à la montée du nazisme. L’invasion de La France paraissant pourtant improbable, certains y firent transiter des pierres de valeur. L’un d’entre eux fur surpris par le raid allemand sur L’Est de La France. II fut blessé le long d’une route et confia sa précieuse mallette remplie de gemmes à un officier français, avec une adresse pour la mettre en sureté. Mais l’homme de confiance se retrouva lui-même vite encerclé par l’avancée allemande, au milieu de ses soldats presque tous blessés, dans un petit bois de la banlieue proche de Nancy.
Un tir d’artillerie lui donna quelques moments de répit. Il fit creuser une fosse dans laquelle furent jetés les cadavres des combats précédents.
Avant qu’elle ne soit refermée, il y précipita la mallette. Depuis, le bois a été nivelé, mais la mallette y repose toujours. Dans les années 1960, l’écrivain et chercheur de trésors Robert Charroux y tenta une première investigation au détecteur de métaux qui ne donna d’autre résultat que la découverte des restes d’un soldat allemand victime des bombardements, squelette encore accroché à un vélo et enfoui pratiquement au niveau du sol.

Meuse (55) :

MONTMEDY (55600) - Le trésor de Louis XVI
 

Lorsqu’elle fut arrêtée à Varennes-en-Argonne, le 21 juin 1791, la Famille royale se dirigeait en fait non pas vers l’étranger, mais sur Montmédy, siège d’une imposante forteresse qui eut permis de faire face à la Révolution grâce à l’appui des émigrés et des armées étrangères. La tradition veut que la berline de Louis XVI ait été précédée par des convois transportant un véritable trésor de guerre. Dès l’annonce de l’arrestation du roi, ces biens auraient été enfouis dans les souterrains de la citadelle remaniée par Vauban, au sein des coursives salles et galeries qui existent toujours, parfaitement intactes. Selon une autre version, le dépôt aurait été caché dans le souterrain qui reliait autrefois « Le Refuge de Montmédy, c’est-à-dire la maison qui était destinée à recevoir la famille royale, à l’abbaye d’Orval.
Quand les troupes françaises franchirent la frontière, il leur fut impossible de mettre la main sur le trésor des moines, que l’on dit avoir été dissimulé dans le même souterrain que celui qui abritait déjà le dépôt royal. De nos jours, « Le Refuge existe encore, mais personne n’a jamais pu y découvrir l’entrée du fameux souterrain. Des traditions situent le même dépôt dans la « Maison Mathieu », rue des prêtres, ou dans les caves de l’hôtel du Chevalier Michel, près de l’église Saint-Nicolas. On dit aussi que le trésor reposerait au fond du vieux puits, dit Grand Puits qui, partant des souterrains, atteint la profondeur de moins quatre-vingt-deux mètres. Personne ne s’y est jamais aventuré pour vérifier cette hypothèse.
Si l’on interroge les anciens du pays, on trouve d’autres pistes intéressantes.
Ainsi, deux braconniers ont, longtemps après les faits, affirmé avoir vu les moines d’Orval enterrer un lourd dépôt, de nuit et en forêt, près d’un menhir dit Blanc.
Cela se passait pendant la Révolution.


Les trésors d’Orval


L’abbaye d’Orval est située en pleine forêt de Merlanvaux, à quinze kilomètres seulement de Montmédy, à peine enclavée en territoire belge. Entre 1792 et 1793, les moines vont jouer à cache-cache avec les républicains qui passent et repassent la frontière. Il n’y a plus un moine en juin 1793, lorsque l’abbaye est écumée par les troupes françaises qui en enlèvent des charrois de marbres. Mais de trésor, point. En 1796, la congrégation est dissoute. En 1803, il n’en reste, comme biens mobiliers, qu’une vaste bibliothèque dont les milliers de volumes sont finalement mis en vente. Le charrier de l’abbaye lui-même n’est pas épargné. Il est racheté par un spéculateur qui utilise les feuillets pour faire des cornets à tabac. Les bâtiments tombèrent par la suite dans la plus grande ruine, sans que le trésor des moines d’Orval, auquel avait peut-être été rajouté dès 1791 celui de la famille royale, ne soit jamais découvert.
Dans son Histoire de l’abbaye d’Orval de 1948, l’abbé Tillière reconnaît que beaucoup d’objets précieux ont disparu. Lui aussi pense qu’ils ont été cachés par les moines avant leur flute.
Mais où ont-ils été dissimulés?
Seul le dernier abbé de l’abbaye, un certain Mitré et son trésorier, disparus dans la tourmente, le savaient. On parle des caves, mais aussi de souterrains qui en partiraient, protégés par des circuits d’eaux souterraines. Des recherches conduites là au début de l‘Empire menèrent à l’écoute de bruits venant des profondeurs de la terre qui ne pouvaient être autrement expliqués. Ces circuits seraient les treize canaux souterrains d’Orval, chacun portant le nom d’un bon apôtre et le dernier, celui de Jésus. De nouvelles fouilles furent entreprises en 1813 par un entrepreneur qui fut tué par ses complices. Lui aussi voyait le trésor dans des réseaux de caves.
Nouvelles tentatives en 1814, sous l’égide de la confrérie des Errants de Nuit, et vingt-deux membres des équipes de fouilles se noient dans une mine creusée par eux sous l’étang.
En 1840, le site est de nouveau l’objet de fouilles, après que Naundorft prétendu Louis XVII, se fit livré sur place à ses propres recherches. Elles sont cette fois-ci l’objet d’une fouille en commandite par une société dont la trésorerie disparaît mystérieusement. Peu à peu, dans ces tourments, Orval retrouva sa vocation monastique.
En 1926, deux cisterciens furent autorisés à fonder une nouvelle communauté. Elle est maintenant très prospère. Où chercher Le trésor des moines, si longtemps mais sérieusement convoité?
Les souterrains, dont le réseau n’est pas totalement connu, sont bien tentants.
Mais, on parle aussi du fond de l’étang de la Ronde-Couture, ou d’un autre, plus éloigné. Des témoins, des braconniers encore, avaient dit avoir vu sous la Révolution des moines creuser de nuit dans la forêt pour y enterrer quelque chose.
Ce « quelque chose » est-il le trésor de l’abbaye dont la fondation était presque millénaire? Si l’on veut se faire une idée des richesses incroyables que possédait l’abbaye, il suffit de feuilleter son « terrier»; un grand manuscrit de 740 pages relié en argent et dit « Le livre des pieds du terrier d’Orval. Entendons ici par« pieds » la mesure de longueur en usage pour évaluer la superficie des biens fonciers. On y trouve aussi un inventaire des objets précieux reçus par l’abbaye tout au long de son histoire avec, sur la couverture, ce teste gravé en relief: « Qui terre a, guerre a, qui n’a, pis a. » Dans le chapitre intitulé «Estat des valeurs richesses et trésors de l’abbaye d’Orval», on y découvre un inventaire des biens totalement disparus. Ceux qui, précisément, composent le trésor: vierges d’or ou d’argent, bijoux donnés par des particuliers, lingots, pierreries, marcs d’or et d’argent, crosses d’or s’y succèdent en litanie. À ce jour, tout cela constitue cette extraordinaire fortune que l’on nomme « le trésor d’Orval» et qui, localement, a suscité et suscite encore bien des convoitises.


VERDUN (55100) — La dot des malheureuses vierges

Lorsque pendant la Révolution, la ville de Verdun fut investie par les troupes de Brunswick, la population accueillit l’envahisseur par des liesses et des fêtes. Une cérémonie particulière fut donnée, au cours de laquelle des jeunes filles des meilleures familles de la ville, toutes vêtues de blanc, vinrent remettre des bouquets et des gerbes de fleurs au conquérant. Parmi elles, on comptait trois orphelines très riches: les sœurs Watrin. La ville fut finalement reprise par les Français et près de quarante des participants à la réception dénoncés par leurs concitoyens.
C’est ainsi que les sœurs Watrin et quelques autres femmes de Verdun, dont l’une comptait plus de soixante-dix ans d’âge, furent emprisonnées.
Elles restèrent dans leurs geôles jusqu’en 1794, année au cours de laquelle elles furent finalement transférées à Paris pour y être jugées. Les plus jeunes furent condamnées à vingt ans de détention, les autres furent guillotinées.
Parmi ces dernières, se trouvaient les sœurs Watrin, dites « les vierges de Verdun». Avant d’être arrêtées, elles avaient morcelé leurs dots, toute leur fortune, en douze dépôts cachés ou enterrés en différents endroits de Verdun.
Le montant total de ces dots atteindrait 10 000 livres et 5 000 écus en monnaies, le tout accompagné de bijoux. Les trois sœurs Watrin se prénommaient Anne, Hélène et Henriette et étaient respectivement âgées de vingt-cinq, vingt-deux et vingt-trois ans. La traque de ces trésors a longtemps occupé les gens de Verdun, et c’est ainsi que leur histoire nous est parvenue.


Moselle (57) :
HASELBOURG (57850) - Les dépôts du rocher du Coucou

Toutes les grottes de la région connurent un usage de refuge collectif pour la population, que ce soit pendant la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion, ou en 1632 à l’occasion du déferlement des troupes suédoises. C’est ainsi qu’une vaste caverne s’ouvrait autrefois à cent cinquante mètres du rocher dit du Coucou, autrefois siège d’un castrum romain.



L’entrée de cette grotte est maintenant perdue, mais les traditions locales attestent de son existence. On dit que de nombreux trésors y seraient encore dissimulés, si c’est une hypothèse probable. Le souterrain servit plusieurs fois de cache à des villageois qui traînaient avec eux, pour le mettre à l’abri, tout ce qu’ils pouvaient posséder.

Le trésor des nonnes

À Haslbourg, on vous racontera « qu’il y a bien longtemps de cela, des nonnes enfouirent un coffre plein d’or et d’objets précieux dans une caverne de la montagne. L’âme errante de l’une d’entre elles aborderait parfois les promeneurs évoluant malgré eux près de la cachette. Elle leur tendrait alors un trousseau de clés supposé ouvrir la cache. La légende conte que le dernier témoin connu à avoir assisté à cette scène de hantise refusa de se saisir du trousseau. La dame blanche fondit en larmes de dépit et depuis, elle erre encore plus souvent près de la cachette.


MOULINS-LES-METZ (57160) - L’étonnante histoire de l’Aigle du 57e régiment de ligne

En octobre 1870, les troupes françaises se retrouvèrent prises au complètement encerclées par Les Prussiens dans les citadelles de Metz et de Sedan. S’ensuivirent de poignantes scènes d’adieux au cours desquelles, avant de se rendre à l’ennemi, la plupart des officiers détruisirent Les Aigles qui leur avaient été confiées. Le drapeau de l’un des régiments pris dans l’enclave avait été, avec son Aigle, miraculeusement sauvé «des hordes tudesques» par le porte-drapeau Bonnet et le sous-lieutenant Picquant.
Les deux furent appelés dans sa tente par Le Colonel Verjus, qui commandait le régiment alors cantonné à Moulins-Les-Metz, citadelle prête à se rendre. L’ordre leur fut donné par l’officier supérieur de s’enfuir «par la route de Longevilles, de se constituer prisonnier dans les lignes allemandes et d’y rendre leur trophée. Ils ne purent s’y résigner et c’est sur ce cours trajet qu’ils prirent La décision d’enfouir le trésor dont ils avaient la garde, une belle Aigle Second Empire qu’ils ne pouvaient se résigner à voir prise par l’ennemi.



Vosges (88) :

RAON-SUR-PLAINE (88110) - Le trophée disparu

Les trophées militaires, qu’il s’agisse d’Aigles romaines du Premier Empire et du Second Empire, d’emblèmes nazis ou de Coqs français, constituent une catégorie de trésors à part, enfouis généralement à l’issue de défaites, pendant des encerclements, ou bien lors de retraites. Le 22 juin 1940, alors que sa position devenait intenable, le 154e régiment d’infanterie brûla ainsi son drapeau dans le bois situé à quelques kilomètres de Donon dans les Vosges, sur la route de Raon-sur-Plaine au col de Prayé «à environ 1 500 mètres des dernières maisons de Raon ». L’emplacement où eut lieu l’autodafé eut droit bien plus tard à une plaque commémorant l’événement.

On ne sait pas, le drapeau consumé, ce que devinrent la hampe métallique et le fer de lance. Ils auraient été enfouis par le porte-drapeau, le lieutenant Maurice Harland, «dans un petit bois situé derrière le cimetière du hameau de Donon ».
Après sa captivité, ce lieutenant fit vainement tout ce qui lui était possible pour retrouver, mais sans succès, l’emblème de son régiment, toujours enfoui dans ce petit bois, mais difficile à localiser, fautes de repères pris au moment des faits. D’ultimes recherches ont été conduites sur place en 1955, avec des détecteurs de mines de l’armée, mais sans résultats probants.

VOMECOURT-SUR-MADON (88500) - Trésor d’émigré

À la Révolution, le seigneur de Vomécourt, situé en pleine ligne de tir entre Autrichiens et Français, préféra émigrer, tout en laissant sa fortune cachée dans quelque partie du château ou de son parc. La demeure, minée, fut détruite en 1850, mais le trésor, peut-être enfoui à l’extérieur, est resté introuvable.


Merci à tous de suivre ces histoires des trésors de nos régions.

A bientôt pour de nouvelles histoires de trésors perdus, cachés, ou oubliés dans nos chères régions de France.

Amicalement

Faachar