mercredi 9 novembre 2016

The Thrill of the Chase - Le Frisson de la Chasse - Le trésor caché de Forest Fenn



Bonjour chère lecteur,


Je reviens vers vous en cette année 2016 avec une fois n’est pas coutume, une histoire de chasse au trésor encore en cours « The Thrill of the Chase » (qu’on peut traduire par le Frisson de la Chasse) qui a été initié par un millionnaire américain Forrest Fenn.


Forrest Fenn est un chasseur de trésor américain ex vétéran du Vietnam, qui a fait fortune au cours des décennies écoulées dans le domaine de l'art. C’est dans les salles de ventes et les galeries qu'il a déniché des trésors et su les faire fructifier.

C’est un Indiana Jones en chair et en os dont les exploits ont suscité la curiosité du FBI et inspiré un thriller, The Codex.


En 1988, son médecin lui apprend qu'il est atteint d'un cancer des reins et qu’il a des chances de mourir. L'homme décide alors d'aller un jour enterrer lui-même une petite fortune pour que d'autres se lancent à leur tour sur ses traces et ressentent le frisson de la chasse au trésor. 


Après avoir vaincu la maladie, c’est en 2010 qu’il réalise enfin son projet.


Composé d'une vingtaine de kilos de pièces d'or, de pépites, de figurines précolombiennes et de bijoux précieux dans un coffre ancien, ce trésor d'une valeur estimée de deux millions d'euros est enfouit quelque part dans les montagnes Rocheuses par Forrest Fenn.


Pour aiguiller les explorateurs qui voudraient se lancer dans la quête de ce trésor, Forrest Fenn n'a dessiné aucune carte ou disposé aucun indice sur le terrain. Mais cet amateur d'art a composé un poème en six strophes dans ses mémoires « The Thrill of the Chase » dans lesquelles il raconte sa vie, ses coups de cœur artistiques, ses découvertes.



Et les vers du poème contiennent 9 indices de nature à mettre les explorateurs sur la piste de son trésor.  Le poéme seul suffit mais un indice involontaire est apparement glissé dans le livre.


Pour les non anglophones, voici le poème en anglais avec une traduction possible de chaque strophe :

As I have gone alone in there
And with my treasures bold,
I can keep my secret where,
And hint of riches new and old.
Comme je suis allé seul là-dedans
Et avec mes trésors audacieux,
Je peux garder mon secret d'où,
Et faire allusion à des richesses nouvelles ou vieilles.
Begin it where warm waters halt
And take it in the canyon down,
Not far, but too far to walk.
Put in below the home of Brown.
Commencer où les eaux chaudes s'arrêtent,
Et l'emporter dans le canyon en bas,
Pas loin, mais trop loin pour marcher.
Le mettre sous la maison de Brown.
From there it's no place for the meek,
The end is ever drawing nigh;
There'll be no paddle up your creek,
Just heavy loads and water high.
De là ce n'est pas un endroit pour les débonnaires,
La fin approche sans cesse à grands pas ;
Il n'y aura pas de pagaie pour remonter ton torrent,
Seulement de lourdes charges et de hautes eaux.
If you've been wise and found the blaze,
Look quickly down, your quest to cease,
But tarry scant with marvel gaze,
Just take the chest and go in peace.
Si tu as été judicieux et tu as trouvé la flambée,
Regarde vite en bas, pour finir ta quête,
Mais ne t'attarde pas en regards enchantés,
Prends juste le coffre et va en paix.
So why is it that I must go
And leave my trove for all to seek?
The answers I already know,
I've done it tired, and now I'm weak.
Alors pourquoi donc dois-je m'en aller
Et laisser mon trésor pour que d'autres le cherchent ?
Les réponses je les connais déjà,
Je l'ai fait fatigué, à présent je suis faible.
So hear me all and listen good,
Your effort will be worth the cold.
If you are brave and in the wood
I give you title to the gold.
Alors entendez-moi tous et écoutez bien,
Votre effort vaudra bien le froid.
Si vous êtes brave et dans le bois
Je vous donne le titre de l'or.



Malheureusement cette traduction vous sera de peu d’utilité car les subtilités et double sens des mots sont seulement à comprendre avec la version originale du poème.


Depuis plus de cinq ans, Forrest Fenn estime que près de 65 000 personnes ont tenté leur chance au cœur des Rocheuses. Avec parfois des conséquences dramatiques. Un homme a ainsi trouvé la mort en 2013.


Pour les autres, la chasse continue. « Les chercheurs viennent de partout : Australie, Islande, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Finlande et même de votre pays, la France. Je reçois probablement plus de 100 e-mails par jour de gens qui me demandent plus d’indices, mais je ne réponds pas. Je reçois aussi des messages de personnes qui me remercient de leur avoir fait découvrir le plaisir de la randonnée. »



Il a ensuite publié en 2015 un nouveau livre « Too Far to Walk ».


avec une carte associée au poème afin de délimiter la zone de recherche :



On constate donc que la zone de recherche est limitée aux Montagnes Rocheuses (Rocky Mountains) dans les états du nouveau Mexique (Au nord de Santa Fe) dans le Colorado, dans le Wyoming et dans le Montana.


De plus Forest Fenn a fait publier des indices sur le site internet de référence qui suit sa chasse (attention site pour les anglophones avertis) : http://dalneitzel.com/


Voici la liste des indices parus avec leur traduction :

The treasure is hidden higher than 5,000 feet (1524 m) above sea level and below 10,200 feet (3657 m).
Le trésor est caché à une altitude supérieure à 1524 m et à une altitude inférieure à 3 657 m.
No need to dig up the old outhouses; the treasure is not associated with any structure.
Pas besoin de déterrer les anciennes structures; Le trésor n'est associé à aucune structure.
The treasure is not in a graveyard.
Le trésor n'est pas dans un cimetière.
The treasure is not hidden in Idaho or Utah.
Le trésor n'est pas caché dans l'Idaho ou l'Utah.
The treasure is not in Nevada.
Le trésor n'est pas dans le Nevada.
The treasure is hidden over 300 miles west of Toledo, Ohio.
Le trésor est caché à plus de 482 km à l'ouest de Toledo, dans l'Ohio.
Take a sandwich.
Prenez un sandwich.
Take a flashlight.
Prenez une lampe de poche.
If you had its coordinates, you would be able to find the treasure.
Si vous aviez ses coordonnées, vous seriez en mesure de trouver le trésor.
The treasure is not in Canada, although the Rockies extend into Canada.
Le trésor n'est pas au Canada, bien que les Rocheuses s'étendent au Canada.
When searching please don’t get target fixation or become obsessed with your solve to the point where you ignore these fundamental guidelines.

Lors de vos recherches s'il vous plaît ne soyez pas obsédés par vos solutions au point d’ignorer les lignes directrices fondamentales.
If you can’t make two trips from your car to your solve in several hours, then don’t go.
Si vous vous ne pouvez pas faire deux voyages depuis votre voiture jusqu’à la solution en quelques heures, alors n'y allez pas. (Apparement, Fenn aurait transporté le coffre puis l’or en 2 voyages depuis sa voiture et réalisé ça en quelques heures)
Don’t search anywhere an 80 year old man could not carry a heavy backpack.
Ne pas chercher où un homme de 80 ans ne pourrait pas porter un lourd sac à dos.
The treasure is hidden more than 8.25 miles north of the northern limits of Santa Fe, New Mexico.
Le trésor est caché plus de 13,27 km au nord de la limite nord de Santa Fe, au Nouveau-Mexique.
The treasure is very definitely in the Rocky Mountains.
Le trésor est très certainement dans les montagnes Rocheuses.
Never search alone or in the winter when nighttime temperatures are low.
Ne jamais chercher seul ou en hiver lorsque les températures nocturnes sont faibles.
Carry some kind of device that will make your location known at all times.
Portez un dispositif qui rendra votre emplacement connu en tout temps.
And something I have not said before, if you are going into rough country it is probably best to leave your pets at home.
Et quelque chose que je n'ai pas dit avant, si vous allez dans une zone accidentée, il est préférable de laisser vos animaux domestiques à la maison.




Forest Fenn a précisé que si l’on comprend les 9 indices de son poème et seulement avec Google Earth, on serait en mesure de localiser son trésor.


Donc si vous vous sentez l’âme d’une ou d’un aventurier et que vous avez envie de découvrir les Rocheuses Américaines, vous pouvez vous lancer dans le Frisson de la Chasse.



A bientôt pour de nouvelles aventures.



Amicalement,


Faachar

lundi 28 décembre 2015

Le fabuleux trésor de l’ile Coco (Coco Island Treasure)



Chère amis lecteurs et lectrices, une fois n’est pas coutume, pour clore cette année 2015 et changer des trésors perdus en France, je vais vous parler du fabuleux trésor de l’ile de Coco.

Cette petite ile de 4 km de large sur 7 de long, se trouve en plein océan Pacifique (50 32' latitude nord, 87° 10' longitude ouest), à 500 km du Costa Rica auquel elle appartient.



Cette ile se présente comme un plateau rocheux planté de cocotiers et qui est hérissé de trois pics volcaniques : le sommet Ouest, le Grand Sommet (850 m), le cône Sud (480 m). A l'est, dominant la mer, à pic, se dresse une barrière rocheuse haute de 60 à 180 mètres.
Elle comporte deux points d'eau douce, l'un près de la baie de Wafer, l'autre dans la baie de Chatham. Deux petits ruisseaux, coulant en cascade, mais parfois à sec, se jettent au sud de l'île, l'un dans la baie de l'Espérance, l'autre à 1 250 m plus à l'est.

Située en dehors des voies usuelles de navigation, elle fut considérée par la plupart des pirates comme le havre idéal pour faire des réparations, trouver de l’eau et s’alimenter, grâce aux cocotiers qui y poussent et auxquels l’ile doit son nom.


Selon des chroniques à caractère semi-historique, l'île Cocos renfermerait au moins trois trésors :

  • le premier caché par Edward Davis en 1702 dans la baie de l’Espérance (B Yglesias) au nord-est de l’ile de Muela,
  • le deuxième par Bennett Graham en 1818 dans la baie de Wafer,
  • et le dernier par le capitaine William Thompson en 1821 dans la baie de Chatham.


Dans cet article, nous allons nous intéresser au trésor le plus important enfoui sur cette ile par un capitaine écossais, du nom de William Thompson. Surnommé « le trésor de Lima », celui-ci est évalué à plus d’un milliard d’euros. 

 
Au début du XIXème siècle, les États d'Amérique du Sud entreprirent une série de guerres en vue de conquérir leur indépendance.
En 1820, le général San Martin, par terre, et Lord Cochrane, par mer, opérant de leur base de Bolivie, convergèrent sur Lima alors tenu par les Espagnols du vice-roi Pezuela.
Les troupes du général firent une marche victorieuse que devait couronner la prise du port de Callao où lord Cochrane mit à la raison la grosse frégate Esméralda et 26 navires et sloops de guerre que protégeaient pourtant les 300 canons du fort.

A Lima c’est la panique: l’Église catholique décide d’affréter un bateau, la Mary Dear, pour rapatrier en Espagne les principales richesses abritées dans la cathédrale de Lima, mais aussi dans la soixantaine d’églises de la ville.
À ces trésors religieux, il faut ajouter les magots des plus riches conquistadors espagnols vivant au Pérou, qui veulent rentrer au pays et mettre, eux aussi, leur fortune à l’abri.

Les biens à monter à bord de la Mary Dear sont si nombreux qu’il faudra deux jours entiers pour charger pièces d’or, bijoux, ciboires, vaisselles d’or et d’argent pierres précieuses, livres, archives, tableaux, etc., mais surtout l’objet le plus remarquable de cette cargaison : une statue en or massif de deux mètres de haut représentant la Vierge Marie portant Jésus.

Le fabuleux chargement installé à bord, le capitaine Thompson donne l’ordre d’appareiller de toute urgence.
Dès que la Mary Dear a quitté le port de Lima, ses matelots réussissent à convaincre Thomson de s’emparer des richesses embarquées et d’éliminer tous les passagers. Ceux-ci sont alors égorgés puis jetés par-dessus bord.
Thomson fait ensuite mettre le cap sur l’île des Cocos et cache le trésor dans la baie de Chatham, située au nord-est de l'ile.


Puis il élabore un scénario étonnant: comme il sait que les accords internationaux punissent de mort tout crime de piraterie, il a l’idée de mettre le feu à son navire et de regagner la côte en canot de sauvetage avec son équipage. L’objectif est de faire croire qu’ils sont les derniers survivants d’un naufrage, au cours duquel les passagers, n’ayant pas le pied marin, se sont tous noyés.
Malheureusement pour Thomson et ses matelots, des cadavres de passagers sont repêchés peu après sur les côtes péruviennes: les Espagnols arrêtent tous les pirates et sans autre forme de procès, les pendent haut et court. Ils épargnent cependant Thompson, auquel ils promettent la vie sauve s’il indique l’endroit où il a caché le trésor.
Thompson parvient à s’échapper avant d’avoir parlé, probablement en achetant la complicité d’un de ses gardiens, et s’enfuit au Canada : il ne reviendra jamais plus sur l'ile.

Quatorze ans plus tard, en 1835, l’affaire rebondit. Un historien découvre, par hasard, l’inventaire détaillé du trésor dans un document original des archives du musée de Caracas (Venezuela) :

« Nous avons mis par 4 pieds (1,2 m) dans la terre rouge, une caisse avec ciboires, ostensoirs, calices, comprenant 1 244 pierres. Une caisse avec 2 reliquaires en or pesant 120 livres, avec 654 topazes, cornalines et émeraudes, 12 diamants. Une caisse avec 3 reliquaires pesant  160 livres, avec  860 rubis et diverses pierres, 19 diamants. Une caisse avec 4 000 doublons d’Espagne, 5 000 crowns du Mexique. 124 épées, 64 dogues, 120 baudriers, 28 rondaches (boucliers). Une caisse avec 8 coffrets cèdre et argent avec 3 840 pierres taillées anneaux et 4 265 pierres brutes. À 28 pieds (9 m) nord-ouest, à 8 pieds (2,8 m) dans le sable jaune: 7 caisses avec 22 candélabres or et argent pesant 250 livres, avec 164 rubis par pied. A 12 brasses (22 m) par ouest à 10 pieds (3,3 m) dans la terre rouge : la Vierge de deux mètres en or avec l’Enfant Jésus, avec sa couronne et son pectoral de 780 livres, enroulée dans sa chasuble d’or avec dessus 1684 pierres dont 3 émeraudes de 4 pouces (10 cm) ou pectoral et 6 topazes de 6 pouces (15 cm) à /a couronne, et les 7 croix en diamants. »

Sept ans plus tard, juste avant de mourir, Thomson révèle le lieu exact de la cachette à l’un de ses amis, un certain John Keating : 

« Débarquer baie de Chatham entre deux îlots, par fond de 10 yards. Marcher le long du ruisseau, 350 pas puis obliquer nord-nord-est 850 yards. Pic, le soleil couchant dessine l’ombre d’un aigle, ailes déployées. À la limite de l’ombre et du soleil: une grotte marquée d’une croix. Là est le trésor. »


Muni de ces précieux renseignements, Keating se précipite sur l’île des Cocos. Il aurait semble-t-il, trouvé le magot caché dans une grotte par le capitaine Thomson, grâce aux indications de ce dernier, Il n’en aurait emporté qu’une partie seulement laissant les objets les plus lourds en place, bien décidé à revenir les chercher lors d’une prochaine expédition qu’il ne fera jamais.

Depuis lors plusieurs plans plus ou moins authentiques furent trouvés concernant le trésor de l’ile Coco. 

Un plan trouvé en Indochine devint la possession du marin Louis Rebillard de Dinard, qui le transmis au Club international des Chercheurs de Trésors de Robert Charroux.
Ce plan est reproduit ci-dessous :


Un autre plan appartient au capitaine Tony Mangel.
Un troisième à un riche horticulteur de Los Angeles : James Forbes.
Au cours du XXème siècle de nombreux chasseurs de trésors, ce sont empressés sur cette ile :

En 1927 le capitaine Tony Manguel aidé de son plan, tenta l'aventure à bord de son yacht le Perhaps I mais il ne trouve rien et faillit y laisser la vie.

En 1931, un Belge nommé Bergmans, sur des données fournies par Tony Mangel, mit apparemment au jour, baie de l'Espérance, une vierge en or de 0,60 m de hauteur qu'il vendit 11 000 dollars à New York.

 
En 1962, trois Français, Jean Portelle, Claude Challiés et Robert Vergnes, se rendirent à l'île Cocos avec les plans du Club des Chercheurs de Trésors.

Le 21 décembre, Jean Portelle et Claude Challiès disparaissaient mystérieusement en effectuant une reconnaissance autour de l'île. Seul, Robert Vergnes revint en France mais les mains vides.

Il publia un livre de cette aventure et on peut lire ici le récit tragique de cette chasse au trésor : http://sophie.klinger.free.fr/vergnes/vergnes/tresors/journal/01plus.htm




En 1990, Albert MATA organisa une expédition sur l'île Coco sans plus de succès, dont voici un résumé en vidéo :


Depuis lors l’ile étant maintenant classée parc naturelle et surveillée par des gardes Costa-ricains présents sur l’ile en permanence. 
Il n’est donc plus possible d’aller réaliser des fouilles là-bas sans l’accord du gouvernement Costa-ricains.
Or celui-ci refuse systématiquement les demandes sauf si elles ont un but scientifique.

Récemment un site a annoncé la découverte du trésor de Lima par les rangers de l’ile :

Mais cette information est totalement fausse car le site ci-dessus est spécialisé dans les canulars comme le confirme ce lien :

Ce qui reste donc du trésor est peut-être encore sur l’ile où il y dormira certainement pour très longtemps.

Merci de votre lecture et à bientôt pour de nouvelles histoires de trésors perdus, cachés, ou oubliés de France ou d’ailleurs.

Amicalement

Faachar